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Même plus peur

31 Jan 2020

O. vient me voir car elle doit partir en Pologne. Sa fille a déjà acheté les billets d’avion. C’est super ça!

C’est super sauf qu’O n’a jamais pris l’avion. Elle ne peut pas.

O a peur de l’avion, l’idée de monter à l’intérieur lui est insupportable avec cette sensation d’étouffement qui s’installe rien que d’y penser. Le simple fait de voir l’intérieur d’un avion dans un film à la télé lui est insupportable.

O. a le vertige que ce soit sur la deuxième marche de l’escabeau ou sur les sentiers en montagne. Elle a rapidement « la tête qui tourne« .

O est claustrophobe : « je ne peux pas prendre les ascenseurs dès qu’ils sont trop petits« . Elle se sent rapidement oppressée.

Et dans l’avion elle aura tout : la peur de s’écraser, le vertige et cette impression de ne pas pouvoir respirer à la vue de toutes ces têtes serrées et alignées les unes avec les autres. « C’est un mélange de tout » dit-elle.  Bizarrement par contre O. aime les reportages vu du ciel, ce genre de documentaire où l’on survole un paysage et un jour elle aimerait « monter dans un hélicoptère pour survoler une ville « .

Le temps est compté : sa fille a pris des billets et c’est pour dans 15 jours. Cette même fille qui a vécu dans le Pacifique pendant un an et demi et qu’O. n’a pas pu aller voir. Avec regret.

O. veut faire plaisir à sa fille, prendre cet avion, être dans la salle d’embarquement la plus détendue possible et « quand je monterai dans l’avion ne pas être prise de panique, faire de ce voyage un moment agréable. »

Séance 1

O. fait beaucoup d’activités manuelles, elle aime créer, cuisiner, elle aime aussi la musique.

Elle part en transe délicieusement, une transe agréable et profonde. Et nous partons dans le passé, à bord d’un tapis volant très spécial. Un tapis à son image, celui dont elle aurait pu rêver, hier quand elle était enfant, ou aujourd’hui, peu importe. Un tapis vraiment à son goût, à tous les niveaux.

O. revisite ce moment très particulier de sa vie où elle s’est déjà débarrassée de quelque chose dont elle ne pensait pas pouvoir se débarrasser un jour ; son esprit inconscient réexamine l’événement, les images, les sons, les sensations jusqu’à en apprendre quelque chose de nouveau pour la O. d’aujourd’hui.

O. retrouve ensuite ces O. plus jeunes qui allaient à la fête foraine, montaient dans les manèges et le plaisir qu’elles éprouvaient à l’intérieur. Elle en profite pour en apprendre encore quelque chose de nouveau, de différent et d’utile pour elle aujourd’hui.

Et cette partie d’elle à l’intérieur- son esprit inconscient, qui a déjà tant fait pour elle par le passé, dans ce moment très particulier de sa vie où il y a quelques années les médecins la considéraient comme perdue et où elle s’en est sortie – sait exactement quoi faire maintenant pour l’aider.

Il a déjà fait ça pour elle. Il a toujours été là pour elle et sera toujours là.

Et O. se voit dans une salle de cinéma face à un écran géant. Juste là devant elle. Et alors que son esprit conscient s’assure de son entière sécurité ici à côté de moi, elle crée une image fixe en noir et blanc d’un avion  avant quoi que ce soit de difficile ne se produise.  Puis le film se déroule. d’abord en accéléré, puis de moins en moins vite; s’ajoutent ensuite les couleurs, les sons et tout le reste. Un voyage tout à fait spécial avec l’émotion qui arrive. Alors on prend soin d’elle, on l’écoute.

O. se rend compte là-bas devant son écran que plus le temps passe, plus la transe avance, plus tout se passe bien. Différent à l’intérieur. Pourtant, d’après elle, les gens crient dans l’avion. Elle, elle est calme.

Parfait ça. On continue.

O. part ensuite survoler un endroit particulièrement beau, sentant l’air sur la peau de son visage, profitant du relief, des nuances de couleur ; profitant de cet instant magique, de ce voyage exceptionnel. Elle descend et s’approche très près jusqu’à voir tous les détails puis elle remonte pour avoir une vision plus globale, le paysage dans son ensemble. Encore de nouvelles ressources.

Son esprit inconscient mémorise cet état intérieur. O. pourra ainsi commencer à pratiquer l’autohypnose d’ici la prochaine séance.

Puis son esprit inconscient lui fait rêver un rêve merveilleux comme pour clore ce beau voyage et peaufiner davantage son travail.

Une bien session.

Séance 2

O. revient la semaine suivante pour approfondir le travail et régler quelques détails. Elle prend l’avion demain.

Le travail a déjà commencé car elle n’a « plus vraiment le vertige comme avant« . Elle l’a remarqué rapidement quand elle était en voiture avec son mari.

Elle veut être vraiment décontractée demain,  excitée, contente de partir et profiter ainsi de son voyage.

La transe s’installe, elle sait faire maintenant. Et on part dans la plaine, avec l’aigle qui survole le paysage et O. qui voit à travers ses yeux.

O. se laisse porter, juste là, dans l’instant présent, comme si plus rien ne pouvait lui arriver. Et alors qu’elle s’élève, qu’elle flotte, elle peut voir les montagnes, la plaine, les petites rivières qui se rassemblent pour devenir un fleuve. Son regard change, son point de vue se transforme. Elle peut se laisser aller, se poser, là, en suspension dans l’air.
Et le fleuve qui se jette, là-bas, dans la mer ou l’océan.

Et le cycle de l’eau qui continue. Le cycle de la vie, le temps qui s’écoule.

Pendant ce temps, l’esprit inconscient est au travail, mine de rien. Il communique avec la partie à l’intérieur qui continue de faire ce quelque chose qui est devenu inutile avec le temps pour O. L’esprit inconscient lui donne tout ce dont elle a besoin pour agir différemment, pour trouver un autre comportement plus adapté, plus écologique pour la O. d’aujourd’hui. Il s’assure qu’elle a tout ce qu’il lui faut.

Pour faire ce qu’il faut pour O., juste ce qu’il faut, uniquement quand il le faut.

Et il fait passer le message à l’intérieur, à toutes les autres parties, pour s’assurer qu’elles sont ok avec cette nouvelle manière de faire.

O. apprend ensuite l’auto-hypnose, on s’entraîne ensemble plusieurs fois de manière à ce qu’elle soit totalement autonome en salle d’embarquement si toutefois elle en avait besoin.

Puis O. s’en va.

Pologne

Je reçois un mail quelques semaines plus tard, à son retour.

O. est parti en Pologne. Elle a profité de son voyage en famille.

Pour la première fois, elle a pris l’avion, pour la première fois, elle a pris des photos en hauteur, du haut de la tour Staline.

Même plus peur. Bravo.

Photo by Louis Reed

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